(Actualisé avec réaction de la Chine,)
par Nandita Bose et Joseph Ax
Le président américain Donald Trump a accusé jeudi la Chine d'ingérence dans l'élection présidentielle de 2020, réitérant ses allégations d'une fraude massive à ses dépens lors du scrutin remporté par le démocrate Joe Biden.
La Chine, par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a dénoncé vendredi de "pures inventions" et "une campagne de dénigrement malveillante".
Lors d'une allocution télévisée sur la "sécurité" électorale à trois mois des élections de mi-mandat, Donald Trump a déclaré qu'il rendrait publics des documents du renseignement américain montrant que la Chine avait acquis de manière illicite des dossiers concernant 220 millions d'électeurs américains, avec leur nom, leur adresse et d'autres données utilisées pour enregistrer les votes.
Il a affirmé en outre que des membres de la communauté du renseignement américain avaient délibérément supprimé des informations relatives aux interférences présumées de la Chine.
"La Chine n'a jamais interféré, et n'interférera jamais dans les élections présidentielles américaines", avait assuré un porte-parole de l'ambassade de Chine aux États-Unis avant l'allocution.
"Nous exhortons les États-Unis à faire un examen de conscience approfondi et à cesser de porter des accusations infondées contre la Chine", a déclaré par la suite le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lin Jian, lors d'un point de presse.
Le discours de Donald Trump vient contredire une enquête menée par la communauté du renseignement américain rendue publique en 2021, qui disait n'avoir trouvé aucune preuve d'une ingérence étrangère lors de l'élection présidentielle de 2020.
SAVE AMERICA ACT
Depuis des années, Donald Trump martèle que l'élection de 2020 lui a été "volée".Les enquêtes menées par diverses juridictions et les nouveaux décomptes effectués n'ont trouvé aucune preuve de la fraude alléguée.
Le président républicain a évoqué jeudi "les vulnérabilités choquantes de nos infrastructures électorales".
Durant son intervention de 25 minutes diffusée en "prime time", il a exhorté les élus républicains du Congrès à adopter une loi imposant de nouvelles exigences en matière d'identification des électeurs et de citoyenneté.
Ce projet de loi, baptisé "SAVE America Act", imposerait la présentation d'une pièce d'identité avec photo pour voter et d'un justificatif de citoyenneté américaine pour s'inscrire sur les listes électorales. Selon le texte, les Etats américains devraient également communiquer les informations relatives à l'inscription des électeurs au gouvernement fédéral.
Les républicains font face à des vents contraires à l'approche des "midterms" de novembre, alors que la cote de popularité de Donald Trump est au plus bas et que les électeurs sont profondément frustrés par la guerre contre l'Iran et la flambée des prix de l'énergie qui en découle.
Les démocrates n'ont besoin de remporter que trois sièges pour obtenir la majorité à la Chambre des représentants. Ils doivent toutefois mener un combat difficile pour s'emparer de la majorité au Sénat, des scrutins décisifs se déroulant dans des Etats à dominante républicaine.
Deux des trois grandes chaînes de télévision américaines, ABC News et NBC News, ainsi que CNN, n'ont pas retransmis l'allocution de Donald Trump sur leurs plateformes principales.
Le président américain a déclaré que les chaînes qui ne diffusaient pas son discours faisaient partie d'un "complot" et qu'elles devraient voir leurs licences de diffusion révoquées.
(Avec David Morgan, Erin Banco, Edmund Lee, Michael Martina, Peter Eisler, Bo Erickson, Raphael Satter, Kanishka Singh, Ismail Shakil, Jasper Ward et Doina Chiacu; version française Camille Raynaud et Rihab Latrache, édité par Sophie Louet)

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